Vous avez peut être déjà vu à la télévision (bien que la chaine Eurosport n’en diffuse plus, hélas) quelques images de sumo. Impressionnant, n’est ce pas…. Ces athlètes qui dépassent allègrement les 130 kg (allant presque jusqu’au double..), bien peu habillés et faisant preuve d’une souplesse et d’une rapidité étonnante. Il est bien difficile de comprendre ce sport, ses cérémonies d’avant le combat et l’organisation même de la hiérarchie. C’est pour cela que nous vous proposons aujourd’hui un livre…sur le sumô.
« Mémoires d’un lutteur de sumô » de Kazuhiro KIRISHIMA, aux éditions Picquier, diffusé par Harmonia Mundi. Cet ouvrage de poche (donc peu cher, à peine 8 euros) comporte 262 pages et va vous permettre, à travers la vie de ce lutteur célèbre, de mieux connaître et apprécier cette institution japonaise. Kirishima a commencé le sumo à 15 ans et il a accédé au grade presque suprême d’ozeki en 1990, alors qu’il avait déjà 30 ans passé. On le considérait d’ailleurs comme « le roi de la lenteur »…. A travers le livre, on découvre un personnage attachant, avec ses doutes, ses souffrances et ses joies de réussite. Tout cela ne serait que peu sans cette ambiance générale qui donne à l’ouvrage un parfum très fort de documentaire. Il y a d’ailleurs un long glossaire, des explications techniques précises et quelques photos ou dessins impressionnants chez des personnes atteignant presque le quintal et demi!
En attendant que vous ayez acheté le livre, sorte de bible du sumo à l’usage des Occidentaux, voici quelques notions de base:
Le Dohyo, cercle du combat: C’est un cercle de 4,55 mètres de diamètre (il apparait plus petit sur l’écran de la télévision) dans lequel vont se dérouler les combats. Il est construit et utilisé de façon quasi immuable. Il est fait de terre argileuse tassée recouverte d’un peu de sable. La zone du combat est délimitée par une bordure d’argile et de paille. Gare à celui dont le pied…ou le corps… passera au delà de ce cercle…il aura perdu son combat. Mais cette bordure sert aussi de support pour les pieds du lutteur en difficulté.
Le classement des athlètes : Le sumô est un sport très codifié, vraiment très codifié…. par exemple la cérémonie (shikiri) qui débute chaque combat, avec ses mouvements spéciaux et ses projections de sel. Mais aussi le classement des lutteurs, qui détermine gloire mais aussi avantages. Il y a environ 700 Rikishi (non titulaires, soit apprentis soit aspirants) puis les Sekitori, ou champions, au nombre immuable de 66. On trouve 6 catégories dans ce groupe, allant des Juryo, champions juniors (pas toujours jeunes comme le raconte Kirishima) au champions suprêmes (0 à 2 personnes) , les Yokozuna, en passant par les Ozekis (2 à 4 personnes seulement). Les passages entre les grades sont également très codifiés.
« L’habillement » des lutteurs: L’allure générale du lutteur n’est guère à leur avantage, avec son corps presque difforme et presque nu, un peu comme un énorme bébé. Du moins tant que le cérémonial n’a pas commencé car tout cela devient fascinant et non plus comique. La ceinture du lutteur n’est pas là que pour le « vêtir ». C’est aussi un élément de lutte auquel l’adversaire va essayer de s’accrocher pour vaincre. Son nom est mawashi. La ceinture mesure plus de 10 mètres de long et 0,8 mètre de large. Elle est pliée plusieurs fois en largeur puis elle est nouée (par deux ou trois assistants!) autour du ventre du lutteur, de façon très serrée pour éviter que l’adversaire puisse trouver une prise à sa convenance. Le mawashi est en soie pour les compétitions et sa couleur est choisie librement par le lutteur.


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