hutong

Depuis deux décennies, Beijing (Pékin) se « modernise »…. Les vieux quartiers sont rasés et font place à de flambants gratte ciels, plus voués au commerce et à la finance qu’à l’habitation. Et les habitants des hutongs doivent quitter leur habitation mais surtout leur milieu de vie pour être exilés en périphérie dans de grands immeubles anonymes, loin de leurs amis, de leurs habitudes, de leur mode. Dans tous les pays, cette phase existe et nous l’avons connu en France dans les années 60/70 lorsque les cités se sont créées en périphérie… Seuls subsistent des vestiges en sursis, comme sur cette photo, en plein coeur de la ville, mais entourés de gratte ciels qui n’attendent qu’un moment pour s’étendre. Ou bien ces hutongs ont été conquis, restaurés, remaniés pour en faire un lieu chic, commerçant, à la mode…..

Mais doit on ne voir que la tristesse de la disparition de ces lieux? Lorsqu’on se promène dans ces  hutongs, on est choqué par la pauvreté, le manque d’hygiène, la vétusté extrême des lieux et leur petitesse. Le dilemme reste entier: lien social versus modernité….. Pas facile de trancher….

On pense en général que le hutong désigne le type d’habitat classique à Pékin avec une cour intérieure desservant plusieurs petites maisons familiales. En fait le terme se réfère aux passages qui forment un véritable enchevêtrement dans tous les sens avec bien sûr des maisons basses de chaque côté.

Je me permets de vous conseiller les ouvrages de Qui Xiaolong. Ce sont des romans policiers mais avant tout une plongée dans le Shanghai des années 90, où on retrouve ce grand écart entre traditions et modernisme, et aussi la mise en avant des mécanismes de la Chine politique en plein bouleversement. Son héros, Chen Cao, inspecteur  principal de la police, est un personnage complexe fort intéressant, même si les intrigues policières ne sont pas hors pair…. « Mort d’une héroïne rouge » paru il y a une douzaine d’années est le premier de la série et doit être absolument  le premier à être lu. On le trouve en version poche….. Et bien sûr il y a des descriptions d’habitat traditionnel (que l’on trouve encore facilement à Shanghai) qui sont très précises et parlantes.

Photographie prise en Novembre 2013 par René Degiovani. Sous licence Creative Commons.

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