Tous les jours des dizaines de milliers de personnes montent dans un avion… et en descendent bien plus tard. Est-ce bien raisonnable ? Et nous allons vous prouver qu’il y a au moins treize raisons pour ne pas tenter cette expérience….
- Il faut beaucoup de temps pour se rendre à l’aéroport. Car les aéroports ne sont jamais là où il les faudrait, près de chez soi. Il faut prendre un bus qui sera toujours plein de passagers et de bagages et où vous resterez donc debout pas mal de temps. Ou bien un taxi mais vous n’aurez plus d’argent pour vous offrir des souvenirs de vacances. Ou, erreur fondamentale, votre voiture avec un parking longue durée complètement au bout de la zone aéroportuaire, vers nulle part. Et dans tous les cas, il vous faudra du temps, beaucoup de temps, car il y aura toujours un embouteillage, un accident, un ennui.
- On doit arriver longtemps, très longtemps avant le départ de votre avion. Je ne parle pas des « voyageurs d’affaires » qui arrivent au dernier moment, rutilants, avec leur cartable ou leur attaché-case dont le contenu pourrait évoquer un inventaire bien éloigné des fantaisies de Prévert…Non, pour un voyageur « économique » (pourtant vous aviez l’impression d’avoir payé assez cher votre billet), il faut plein de temps pour enregistrer, ce qui signifie essentiellement faire une interminable queue, pour s’entendre dire que, non, vous ne pouvez pas avoir une place près du hublot, ni d’ailleurs le long du couloir, ni ailleurs d’ailleurs, tout est déjà décidé…. Mais il faut aussi plein de temps pour passer les contrôles de sécurité (ou plutôt attendre d’y passer), aller jusqu’aux salles d’embarquement (parfois on se dit que des patins à roulettes auraient été parfaits) sans même avoir le temps de regarder les boutiques qui oscillent entre le luxe des vêtements et la luxure des cigarettes et boissons et rester debout dix minutes (sans doute un exercice physique destiné à faire circuler votre sang avant les heures de désordres vasculaires) pour pénétrer enfin dans le saint des saints, la cabine, non sans avoir d’abord traversé la première classe et ressenti les regards méprisants des passagers, la coupe de champagne à la main, dans leurs fauteuils monumentaux.
- Vous allez devoir affronter les queues pour l’enregistrement, pour les contrôles de police, pour les dernières vérifications avant la porte et même dans l’avion avant de s’installer. Et à chaque queue vous découvrirez de l’agacement, de l’énervement, de la colère et des mots peu aimables. Etonnant tout cela. Alors que l’essentiel des passagers voyage pour le plaisir, il n’y a guère de lieu où la tension est si palpable. Sans doute ont-ils déjà pris cette compagnie ou ce vol et ils savent donc qu’il n’y aura pas de place pour chacun dans l’avion ? Et ne parlons pas du regard INSISTANT sur vous si vous avez un profil particulier (méditerranéen, surfeur, rappeur, coloré, mal habillé…) sans une banane sur le ventre et un gilet multi-poches.
- Vous allez devoir franchir LE contrôle de sécurité, rappel moderne des pires châtiments infligés dans l’Antiquité au passage de la Mort : selon les jours, vous aurez droit à un désintérêt complet, les employés s’esbaudissant collectivement sans même vous jeter un coup d’œil. Vexant, non… Mais vous pouvez aussi tomber un jour de zèle (peut-être le chef est-il présent ?…), où tout le monde devient suspect, où on vous demande de sortir votre ordinateur du sac, où vos objectifs photos semblent être autant d’armes clandestines, où votre manteau, votre ceinture, vos chaussures doivent être scannés en détail, bref un jour où même un terroriste ne pourrait pas entrer dans l’avion avec son « matériel »…
- Vous allez avoir peur de tous ces bruits qui émaillent le vol : pourquoi le pilote ne fait pas décoller son avion, alors qu’il est évident qu’on arrive en bout de piste depuis le temps qu’il roule sur la piste ? Pourquoi tout le monde se tait pendant que l’avion, cabré au maximum, essaye de grimper au milieu des nuages et avec des turbulences à détruire n’importe quoi ? Pourquoi d’un seul coup les moteurs s’arrêtent alors qu’on vient juste d’arriver très haut ? Pourquoi y a-t-il tant de bruits inhabituels un peu avant d’arriver. Le pilote chercherait- il à se débarrasser de trucs dangereux ?
- Vous allez devoir passer x heures assis à côté de quelqu’un : qui est trop gros, qui se lève sans cesse, qui met son coude sur l’accoudoir, qui renifle sans arrêt, qui regarde TOUS les films dans la cabine sombre, qui . Et parfois même vous allez être coincé ENTRE deux « quelqu’un » de ce type là. Soyons clair : les belles créatures souriantes vues dans les films et les publicités n’existent QUE dans les films et les publicités
- Vous allez devoir manger dans une position digne des plus affreux mouvements du kamasoutra (le plaisir en moins…), les bras coincés avec une amplitude de mouvements très réduite, sans oublier que votre plateau « déborde » de plein de choses qui ne se rangent pas aisément. Et vous allez devoir vivre près d’une heure ainsi avant qu’une hôtesse ait le temps de vous libérer.
- Vous allez devoir endurer le célèbre enfer des toilettes, si lointain de l’image fantasmatique du roman Emmanuelle en route vers Bangkok (elle, elle voyage en première…). Une attente parfois désespérante qui vous donne presque envie d’avoir deux ans (ou quatre vingt quinze ans…) et des couches confortables. Il y a des heures de pointe fatidiques, juste avant le repas, juste après, et surtout juste avant qu’on vous ordonne d’attacher votre ceinture en vue de l’atterrissage. Sans parler de l’odeur très « spéciale » et inimitable (donc aisément reconnaissable) qui flotte dans cet espace minuscule.
- Vous allez avoir froid ou chaud, ou froid puis chaud, bref une température qui ne va jamais avec les vêtements que vous avez soigneusement choisis. Sans parler de vos pauvres pieds qui, avec chaussettes, bas ou nus, ne seront jamais à l’aise. Quant à la douce couverture proposée par la compagnie, ne vous y fiez pas trop. Elle va obligatoirement glisser et découvrir votre corps refroidi et de toute façon elle ne couvre qu’une partie de votre anatomie (il faut choisir jambes ou bras, ou taille de moins d’un mètre cinquante…)
10. Vous allez devoir patienter et parfois longuement en attendant que :
- Votre avion, qui vient de Dieu sait où, veuille bien arriver « tardivement selon l’expression consacrée » et être préparé en quatrième vitesse.
- Le passager machintruc veuille bien se présenter à la porte d’accueil au lieu de siroter sa énième bière tant il a peur de s’asseoir dans ce truc.
- Le bagage de trucmachin soit retiré de la soute (c’est rare mais cela existe) car il a préféré rentrer chez lui plutôt que de s’asseoir dans ce même truc.
- Le contrôle aérien veuille bien permettre au commandant de bord de mettre la clé de contact (ou quelque chose d’équivalent…)
- Vous allez avoir le mal des transports. Un mélange de nausées, de ballonnements, de mauvaise digestion, de migraines, de vertiges, de sueurs froides voire de vomissements qui vous font promettre de ne plus jamais monter dans un avion. Alternativement, mais souvent les deux à la fois, vous allez attraper froid. Ce rhume d’avion, quasiment immanquable et qui devrait figurer au prochain DSM, est dû à un cocktail parfait : promiscuité, souffle d’air frais, déshydratation de l’air (n’oublions pas que la cabine est pressurisée comme si on était à 2000 et quelques mètres d’altitude) et donc mauvais état de vos entrées aériennes, nez et bouche.
12. Vous allez arriver épuisé car il est naturellement impossible de dormir dans un avion :
- le siège est trop étroit,
- vous ne trouvez pas votre position « idéale » en chien de fusil,
- votre oreiller tombe à tout moment,
- votre voisin prend trop de place
- il éclaire largement votre siège pour lire ou en regardant l’écran,
- il se lève TROP souvent,
- L’hôtesse vous demande en plein sommeil ce que vous voulez boire,
- puis elle revient dix minutes après pour savoir si vous voulez du poulet thaï ou si vous préférez le bœuf bourguignon,
- le chef de cabine vous informe qu’il faut attacher votre ceinture, alors que vous êtes dans votre sommeil le plus profond,
- Et les turbulences ne vont pas tarder, dès que vous serez rendormi,
- Et après tout ce que vous avez bu pour ne pas être déshydraté, vous allez devoir hanter les « lavatories » à plusieurs reprises,
- la lumière s’allume dans votre xième sommeil profond car c’est encore l’heure de manger
- 13. Et à votre arrivée, vous allez devoir affronter :
- les immenses queues aux contrôles de police, avec des personnages jamais souriants et qui vous posent des drôles de questions de routine (que venez vous faire dans notre pays ?, où allez-vous dormir ?, combien de temps restez vous ? le tout dans un anglais « particulier ».
- Un manque notoire de chariots (à moins qu’ils ne soient payants…) pour transporter vos bagages, qui n’arriveront d’ailleurs peut être pas…Si, si, cela arrive parfois, souvent, c’est selon votre karma.
- Un nombre incalculable de gens du pays qui arborent une pancarte sur lesquelles il n’y a jamais votre nom,
- Une température et une humidité tellement élevées que le seul mot « sauna » vous rend fou
- Et tellement de retard qu’il fait déjà nuit, ou que vous avez raté votre correspondance, ou que votre ami est retourné chez lui….
Vous l’avez parfaitement compris : il est totalement déconseillé de monter dans un avion, même joli, même neuf, même gros… Et pourtant, rien n’est mieux pour découvrir des lieux et des peuples superbes.
Alors dans une prochaine aventure, je lèverai le voile sur quelques petits trucs qui rendront le voyage supportable, voire agréable…
Crédit photos Héloïse Lanteaume sur Flickr
Se promener sur ce blog, c'est partager mes expériences et mes émotions de Voyageur, mes connaissances et ma curiosité de Géographe et ma passion pour la Photographie, en laissant de côté le O d'orthophoniste.... C'est profiter des plaisirs que nous offrent les quatre coins du globe, du fond de son fauteuil ou du fond d'ailleurs.
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